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Marie-Josée Laframboise | Le Gymnase

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Marie-Josée Laframboise | Le Gymnase

Vernissage : le jeudi 02 avril 2020, dès 17h00

Démarche

Par son travail en installation, dessin et photographie, Marie-Josée Laframboise attire notre attention sur les univers relationnels qui tissent le monde, nous invitant de ce fait à en prendre conscience et à les percevoir différemment.[1]

Jean-Philippe Beaulieu

 

En dialogue avec mes recherches sur l’appropriation spatiale et la mise en réseau de multiples matières, mes pratiques du dessin et de la photographie, toujours ancrée dans le questionnement sur l’espace, explorent et prolongent le concept du réseau. Particulièrement dans les dessins récents, dont le projet Gymnase, des éléments visuels issus d’un contexte industriel ou institutionnel sont intégrés à des compositions abstraites où des référents à la réalité cohabitent avec des figures géométriques. Dans le même esprit, la série des Faîtages linéaires fait partie d’une recherche évolutive qui propose des photographies de câbles électriques qui compartimentent et hachurent le paysage de notre environnement quotidien. Ces diverses compositions abstraites relèvent directement de l’acte de tracer sur une surface et dans l’espace, des traits destinés à donner une représentation d’éléments en réseau. Ces enchevêtrements de fils, capturés sous différents angles, deviennent des compositions complexes qui révèlent des réseaux linéaires auxquels nous ne portons généralement guère attention.

Mes installations peuvent aussi être appréhendées d’un point de vue graphique, dans la mesure où elles relèvent directement de l’acte de tracer, sur une surface, des figures d’éléments en réseau, faisant parfois référence aux structures de systèmes mathématiques tels que les points d’inflexions et de rebroussement, le vecteur ou la courbe de Bézier. Le fil, le tube, le filet, les segments de cerceaux viennent emplir les lieux, tandis que les matières greffées aux parois de l’espace d’exposition – mur, plafond, colonne, poutre, sol – créent des parcours inhabituels, nous invitant à circuler à l’intérieur de structures ou, au contraire, à éviter certains lieux de passage préétablis.

Marie-Josée Laframboise

 

Lieu de culte par excellence, le gymnase est fréquenté tant par les écoliers que les sportifs repoussants leurs limites vers les hauteurs des podiums. Les odeurs, les sons et la luminosité de cet endroit font partie intégrante de notre mémoire collective occidentale.

En contemplant l’enchevêtrement des lignes des différentes surfaces de jeux, Marie-Josée Laframboise a ressenti une attirance pour ce grand espace rassembleur témoin d’expériences parfois rassurantes, parfois contrariantes. La création s’est alors emparée de ce lieu où se défie habituellement l’élite sportive, pour mettre en exergue les tracés et leurs propriétés linéaires.

Retranscrites sur pellicule transparente de polyester, les lignes s’affranchissent de leur lieu d’origine pour épouser d’autres sols et se libérer des règles prescrites. En altérant les couleurs originales, l’artiste fait vivre tout autrement les courbes, les diagonales et les droites, ponctuées aléatoirement de cercles. Les inflexions et les rebroussements donnent une autre dimension au résultat abstrait que l’on pourrait qualifier, selon nos référents historiques, d’expressionnisme minimaliste. La dynamique du dessin permute selon les lignes qui s’entrechoquent, se rencontrent, se juxtaposent ou s’étreignent.

Le spectateur est invité à expérimenter cet espace chimérique en deux temps. Tout d’abord en s’élevant sur des podiums, qui ne sont pas sans rappeler les remises de médailles de nos athlètes, puis en observant le prolongement virtuel de ce dessin.

En effet, le spectateur peut interagir avec ce dessin qui prend tout son sens par la tridimensionnalité immatérielle de la réalité augmentée. Par l’intermédiaire d’images de synthèse, l’entrelacement de la composition s’expérimente dans l’espace virtuel du lieu d’exposition où les lignes flottent autour de nous. Offrant une dimension différente au dessin, le jeu linéaire devient tangible et donne une dimension ludique à cette expérimentation tridimensionnelle. N’est-ce pas une question millénaire que de faire cohabiter le 2D et le 3D?

 

Claire Lefebvre, Historienne de l’art

 

Biographie

Née à Québec, Marie-Josée Laframboise vit et travaille à Montréal. Ses œuvres ont été présentées dans le cadre d’exposition individuelles et collectives notamment, la Galerie d’art d’Ottawa; le Musée d’art de Joliette; le centre de diffusion et de production de la photographie VU; la Southern Alberta Art Gallery; Le Quartier, Centre d’art contemporain (Quimper); le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (Nice); la Kunstraum Dornbirn (Autriche); le Musée régional de Rimouski; le Centre d’art contemporain (Bruxelles); la Galerie de l’UQAM; le centre Langage Plus; le centre d’exposition CIRCA; Occurrence espace d’art et d’essai; l’Espace-musée de Québécor; la Grenfell Campus Art Gallery; et la Art Gallery of Hamilton. On trouve ses oeuvres au sein de collections privées et publiques importantes, dont la collection Prêt d’oeuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec, le Musée d’art de Joliette, la collection du Cirque du Soleil ainsi que celle de la Fondation Christoph Merian, en Suisse. De plus, ses projets ont bénéficié à plusieurs reprises du soutien du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec.

 

Détentrice en 2002 d’une maîtrise en arts visuels de l’Université Concordia, elle participe en 2000 à un échange international à la Glasgow School of Art, au cours de ses études supérieures. Elle enseigne depuis 2006 au département d’Arts visuels du Collège Lionel-Groulx à Sainte-Thérèse.

 

 

[1]Beaulieu, Jean-Philippe. Les déclinaisons du réseau, Montréal : Présentation – Marie-Josée Laframboise, mariejoseelaframboise.com, 2015.