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Bruno Goosse | Échoué n’est pas coulé

 

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Bruno Goosse | Échoué n’est pas coulé

16 janvier – 29 février 2020

Vernissage : le jeudi 16 janvier 2020, dès 17h00

Réalisé en 1937 par l’architecte Antoine Courtens, un étonnant bâtiment art-déco en béton armé gît, abandonné au bord du lac Masson, à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides.

« Échoué n’est pas coulé » est l’exposition d’une enquête relative à cet édifice.

Rêvée par le jeune homme d’affaires belge Louis Empain, après qu’il ait fait construire par Michel Polak, à Bruxelles, une maison prestigieuse qui porte toujours son nom, la construction du domaine d’Estérel a d’abord été une opportunité d’emploi pour la communauté de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Presque tous les habitants de la municipalité ont travaillé à sa construction. Beaucoup y ont ensuite été engagés comme personnel de service. Le domaine s’adresse à des étrangers fortunés qui viennent profiter de l’air pur et de la beauté de la nature.

Après quelques années de fonctionnement, l’infrastructure est abandonnée et n’intéresse plus personne.

Fin des années 70, les citoyens de Sainte-Marguerite se fédèrent autour de ce qu’il reste du projet d’Empain. Le centre communautaire ruiné devient alors la mairie et le centre culturel de la municipalité. De nombreux habitants travaillent bénévolement à sa rénovation.

Malheureusement, ce projet communautaire demande une certaine anticipation qui n’est pas totalement partagée. Certains sont plus cigales que fourmis et il n’a pas été possible d’entretenir le bâtiment avec le soin qu’il nécessitait. D’où, le temps venu, l’abandon du navire.

À ce moment là, comme une mutinerie, une défense du bâtiment et de ce qu’il représente s’organise. Des citoyens se lèvent emmenés par l’un d’entre eux qui fait campagne sur la protection du bâtiment et devient le nouveau maire. Le bâtiment est classé.

Reste alors à accorder ces valeurs entre elles et faire en sorte que la valeur patrimoniale devienne un enjeu communautaire. C’est un peu où nous en sommes aujourd’hui.

L’exposition présentée à Occurrence confronte ainsi les différentes lectures de cette construction.

– Bruno Goosse

Démarche | Biographie

Bruno Goosse est artiste et enseignant à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Utilisant des documents et convoquant récits et faits avérés, sa pratique propose une relecture poétique et politique de certains pans d’histoire en interrogeant le rapport souvent non discuté d’une société à la valeur. Il a d’abord été attentif aux questions de temporalités qui se marquent principalement par la persistance explicite dans l’œuvre plastique réalisée, des procédures qui ont conduit son élaboration (les lois de l’œuvre). Ensuite, le passage par une expérience politique d’écriture de textes juridiques (les lois au sens social) l’a beaucoup marqué. L’étrangeté de la position de l’artiste dans un environnement de travail politique a conduit à postériori à des travaux vidéographiques et à un texte (voir les vidéos « notes jaunes » et le texte « Le retour de l’artiste (dé)masqué ») qui tentent d’interroger cette position au sein de l’art. Son travail plastique s’est alors infléchi en une réflexion sur les situations de contraintes tant textuelles qu’imaginaires, en tentant de donner forme à ces impératifs et à ce qui les ruine. La manière dont le texte, notamment juridique, et ses montages fictionnels, conditionnent notre rapport au réel, à l’image et à l’art constitue l’axe principal de ses recherches. Investiguer un système de valeur en montrant la manière dont il se construit historiquement, dans une écologie de tensions parfois vives, puis donner à voir la manière dont l’échafaudage symbolique qui l’a permis est ensuite oublié est une orientation importante de ce travail. Souvent narrative, sa pratique se développe sous forme de vidéo, d’installations de documents et de publications. Toutefois il importe dans son travail de ne pas confondre l’ordre de l’énonciation et la causalité, c’est-à-dire l’impression produite par le récit qui donne à un fait énoncé antérieurement une valeur de cause par rapport à un autre fait énoncé postérieurement, qui se charge, lui, d’une valeur de conséquence.

Ses travaux ont été montrés à l’espace 36 (Saint-Omer, France, 2019), la lettre volée, (Bruxelles 2018), au Centre Wallonie-Bruxelles (Paris, 2017), au BPS 22 (Charleroi, Belgique, 2016-17), à l’ Institut Culturel de Mexico de Miami et de Washington (Bienal de las fronteras, 2015-16), Ottinies-Louvain-la-neuve (Biennale 8, 2013), Namoc (Pékin 2012), Berlin (G.A.S-station), Bruxelles (de Markten), Kassel (Documentary Film and Video Festival). Certains ont pris la forme d’un livre : classement diagonal / diagonal listing, Editions la lettre volée, Bruxelles, 2018 ; Around Exit, Editions La Part de l’Oeil, Bruxelles, 2014. Il a co-dirigé avec Jean Arnaud Document, fiction et droit en art contemporain paru aux PUP/ArBA en 2015, et coordonné le volume de La Part de l’Oeil n°30 consacré au cinéma.

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