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Laura Splan | Embodied Objects

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Laura Splan | Embodied Objects
15 mars –21 avril 2018

Vernissage le 15 mars 2018, dès 17h30

[English]

Dans sa pratique artistique interdisciplinaire, Laura Splan explore les croisements entre l’art, la science, la technologie et l’artisanat. Elle examine, dans ses projets de nature conceptuelle, les manifestations matérielles de nos relations évolutives avec le corps humain. Elle réexamine les perceptions et les représentations du corporel au moyen de diverses techniques traditionnelles et néomédiatiques. Elle juxtapose fréquemment le quotidien et l’étrange, pour remettre en question des notions culturelles préconçues liées à l’ordre et au désordre, au fonctionnel et au dysfonctionnel. Ses alliages fréquents de textiles et de technologie défient les valeurs associées au « fait main » dans la production artistique et contestent les notions d’agentivité et de hasard en esthétique. Une grande part de son travail est issue d’expérimentations avec des matériaux et des processus (sang, masques gommages cosmétiques, fabrication numérique) qu’elle exploite pour leurs sous-entendus narratifs et leur potentiel inexploité. Dans son plus récent travail, elle emploie des biocapteurs pour produire, à l’aide des données ainsi recueillies, des formes et des motifs pour créer des objets et des images de même que des mouvements pour dispositifs actionnés par biocapteurs.

L’exposition Embodied Objects inclut des sculptures de fabrication numérique, des tapisseries et des œuvres sur papier créées à partir de lectures électromyographiques du corps de Splan. Manifest est une série de sculptures basées sur des relevés mesurant les niveaux fluctuants d’électricité dans les muscles de son visage. Des activités neuromusculaires associées à des expériences d’émerveillement ont été exécutées par l’artiste, prenant la forme d’expressions faciales et de mouvements corporels (par exemple : sourire ravi, clignement d’yeux incrédules, sourcils froncés par le doute). De chaque action ont découlé des données uniques qu’un logiciel, conçu par l’artiste, a traduites en une courbe. Chaque courbe a ensuite servi de profil pour une sculpture imprimée en 3D faisant partie de la série Manifest. Ces mêmes données ont servi à générer l’imagerie frénétique des tapisseries Embodied Objects et de la série d’impressions Squint. L’imagerie a été générée par un logiciel conçu pour répéter, pivoter et colorer de manière aléatoire les ondulations de l’électromyographie de façon à créer des « tissages » qui ont subséquemment servi de motifs à des tapisseries Jacquard informatiques et à des impressions numériques à pigments de qualité archive. Les motifs générés par ordinateur « tissent » les ondulations ensemble dans les deux directions, soit la chaîne et la trame. Tandis que l’image d’ensemble a une forme géométrique, unifiée, voire soignée, une inspection attentive révèle que la structure chaotique de l’extrémité de chaque onde a été modifiée « à la main ». À l’aide d’un stylet, l’indice zéro fixe présent au début et à la fin de chaque ligne vectorielle a été modelé par l’artiste pour créer des détails semblables à des fils sur l’image. L’exposition explore le potentiel qu’ont les objets pour incarner les expériences humaines et pour matérialiser l’intangible. Le procédé hybride utilisé par Splan remet en cause des notions de labeur et d’artisanat dans leur lien à la matérialité et à la technologie. En combinant processus manuels et numériques, ainsi que textiles traditionnels et technologies néomédiatiques, son œuvre déstabilise les modes de catégorisation et valorisation de chacun d’eux. Les sous-entendus narratifs de ces catégories sont exploités pour le potentiel qu’ils offrent dans l’exploration de la manière dont la technologie, les données et les artefacts culturels modulent notre compréhension du corps humain.

Laura Splan a participé à de nombreuses expositions individuelles et collectives, entre autres au Museum of Arts & Design (New York, NY), au Museum of Contemporary Craft (Portland) et au Beall Center for Art + Technology (Irvine). Son œuvre a fait l’objet de plusieurs expositions aux États-Unis, ainsi qu’en Islande, Corée de Sud, Angleterre, Allemagne, Suède, Autriche et ailleurs. L’exposition Embodied Objects présentée chez Occurrence—Espace d’art et d’essai contemporains est sa première exposition individuelle au Canada. Parmi les commandes artistiques qu’elle a reçues, mentionnons ses tableaux peints au résidu de savon pour le Center for Disease Control et ses sculptures de dentelles numériques pour le Gen Art New Media Art Exhibition. Les œuvres de Splan figurent dans maintes collections incluant celle de la Thoma Art Foundation. Des commentaires et des articles sur son travail sont parus dans le New York Times, American Craft et Discover Magazine. Des essais et interviews associés à Splan ont été publiés dans Art Practical et Proceedings of the National Academy of Sciences. Elle est récipiendaire d’une bourse de recherche dans les musées médicaux décernée par la Jerome Foundation. Elle a été invitée à des résidences d’artiste au Vermont Studio Center et à l’Institute for Electronic Arts, et est lauréate du Pollack Krasner Fellowship pour le programme Byrdcliffe Artist in Residence. Splan a donné de nombreuses conférences à différents endroits, dont le California College of Art, la New York Academy of Sciences et le Center for Human-Computer Interaction en Autriche. Elle est fréquemment conférencière invitée sur le sujet des croisements entre l’art, la science et la technologie dans des institutions académiques, incluant l’Université Standford et celle du Maine. Laura Splan vit et travaille à New York.

www.laurasplan.com

Remerciements

Laura Splan aimerait remercier le programme de résidence ACRE (États-Unis) et son équipe technique audiovisuelle pour leur assistance et leur appui à ce projet.