Martin Bruneau | W.I.P.

Du 22 octobre au 26 novembre 2011 | From October 22 to November 26, 2011

Vernissage le 21 octobre dès 17h / Opening: October 21, at 5pm

*An English translation will follow

Reliés les uns aux autres, les corps de Martin Bruneau décrivent une danse macabre qui se déploie telle une métaphore de la peinture qui, entre figuration et abstraction, a encore et toujours quelque chose à dire. C’est là le tour de force du peintre d’être parvenu à composer une variation sur le corps, où les couleurs, implacables contrepoints, donnent le tempo, jusqu’à parfois laisser croire qu’elles mènent la danse. Sa palette peut donc laisser libre cours à la force de la couleur et se déployer pour dire non pas tant autre chose qu’autrement. Ainsi sublimée, la couleur de Martin Bruneau ne saurait se réduire à un simple aplat ou à un fond sommaire. Elle s’ingénie à neutraliser, à tout le moins à contrarier, la dimension narrative de la toile. En somme Martin Bruneau opère là un de ces renversements chers à Baselitz qui aimait à dire que « le renversement (…) du motif [lui] donnait la liberté de [s’]attacher à des problèmes picturaux. » (… ) Sous son pinceau, la juxtaposition de deux peintures – abstraite et figurative – ne jure pas. Au contraire elles s’équilibrent au-delà des corps et de la couleur, selon des lois relevant de la (méta)physique de la peinture et menant à cette « pureté de la peinture » si chère au critique Clement Greenberg. La possibilité d’une représentation demeure, malgré tout – et non pas en vain. C’est sur cette voie que Martin Bruneau a choisi de naviguer.


Linked together, Martin Bruneau's bodies describe a macabre dance that unfolds like a metaphor for painting, which, between figuration and abstraction, still has something to say. The painter's tour de force lies in his ability to compose a variation on the body, where colors, as relentless counterpoints, set the tempo, sometimes even suggesting that they are leading the dance. His palette is thus free to give full rein to the power of color and unfold to say not so much something else as something different. Thus sublimated, Martin Bruneau's color cannot be reduced to a simple flat surface or a rough background. It strives to neutralize, or at least counteract, the narrative dimension of the canvas. In short, Martin Bruneau is performing one of those reversals dear to Baselitz, who liked to say that “the reversal (...) of the motif gave [him] the freedom to focus on pictorial problems.” (...) Under his brush, the juxtaposition of two paintings—abstract and figurative—does not clash. On the contrary, they balance each other beyond bodies and color, according to laws relating to the (meta)physics of painting and leading to that “purity of painting” so dear to critic Clement Greenberg. The possibility of representation remains, despite everything—and not in vain. It is this path that Martin Bruneau has chosen to follow.

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