Stéphane Gilot | Le Buvard du monde

Du 20 mars au 24 avril 2010 | From March 20 to April 24, 2010

*An English translation will follow

Déjà, il faut que je m’attende à avoir des hallucinations. Voilà pourquoi je parlerai à haute voix, en dépit de tout le papier buvard du monde. Dans la vie normale, parler à haute voix est un signe de démence. Ici, c’est une preuve d’identité. (Pincher Martin, William Golding, 1956)

À l’origine du projet, il y a la rencontre de deux sources ;  une vision récurrente et un texte : 

1. Depuis quelques années, une image revient sans cesse dans les médias: un toit surnageant, seul vestige d’une inondation; une construction effondrée à la suite d’une catastrophe; un survivant grimpant, puis perché sur des décombres, sur une épave…

2. Le récit Pincher Martin (1956) de William Golding : texte minimal, extrêmement physique, où un marin naufragé sur un rocher perdu dans l’océan Atlantique, lutte pour survivre, pour préserver la cohésion entre son corps et son esprit et contre l’effondrement de la représentation de soi…

Dans ce contexte, le travail performatif et la présence physique de Caroline Dubois s’est imposé : spécifiquement ses expérimentations chorégraphiques sur les routines de dressage  et sa recherche sur « l’épuisement, la mise en péril, le choc, la rencontre mais aussi les hésitations et les maladresses du corps dansant » (C. Dubois)

Le travail de collaboration entamé avec Caroline Dubois s’inscrit dans une étape de recherche qui pousse particulièrement le contenu performatif de la série Plans d’évasions1. Cette série se caractérise par le développement d’une pratique spécifique de l’installation performative à la fois architecturale et filmique. Ce projet prolonge et renverse l’univers développé autour du modèle de la Station : une vision inversée, une version tragi-comique de la Station.

Originaire de Liège, Stéphane Gilot vit et travaille à Montréal. Son travail multidisciplinaire combine le dessin, la maquette, l’installation architecturale, la vidéo et la performance. Son approche réflexive des contextes d’intervention et d’exposition propose également un ensemble d’expérimentations sur les protocoles de collaborations interdisciplinaires. Depuis 2013, il est professeur à l’École des arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal. L’artiste a reçu le 1er Prix de la création de la Ville de Liège en 2022 et a remporté le prix de sculpture de la Fondation Marie-Louise Jacques en 2019.


Already, I have to expect to have hallucinations. That's why I'll speak out loud, despite all the blotting paper in the world. In normal life, speaking out loud is a sign of insanity. Here, it's proof of identity. (Pincher Martin, William Golding, 1956)

The project originated from the convergence of two sources: a recurring image and a text:

1. For several years now, one image has been constantly appearing in the media: a roof floating on water, the only remnant of a flood; a building collapsed in the wake of a disaster; a survivor climbing onto, then perched on, rubble or wreckage...

2. William Golding's short story Pincher Martin (1956): a minimalist, extremely physical text in which a sailor shipwrecked on a rock lost in the Atlantic Ocean struggles to survive, to preserve the cohesion between his body and mind, and against the collapse of his self-image...

In this context, Caroline Dubois's performative work and physical presence stood out: specifically her choreographic experiments on training routines and her research on “exhaustion, endangerment, shock, encounter, but also the hesitations and clumsiness of the dancing body” (C. Dubois).

The collaborative work begun with Caroline Dubois is part of a research phase that particularly emphasizes the performative content of the Plans d'évasions1 series. This series is characterized by the development of a specific practice of performative installation that is both architectural and cinematic. This project extends and reverses the universe developed around the model of the Station: an inverted vision, a tragicomic version of the Station.

A native of Belgium, Stéphane Gilot lives and works in Montreal. His multidisciplinary work combines drawing, modelling, architectural installation, video and performance. His reflexive approach to the contexts of intervention and exhibition also proposes a set of experiments on the protocols of interdisciplinary collaborations. Since 2013, he has been a professor at the School of Visual and Media Arts at the Université du Québec à Montréal. The artist was awarded the 1st Prix de la création de la Ville de Liège in 2022 and won the Prix de sculpture de la Fondation Marie-Louise Jacques in 2019.

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