Sarah Osborne | Une journée parfaite

Du 1er novembre au 20 décembre 2019 | From November 1st to December 20, 2019

Vernissage le 1er novembre, dès 17h00 | Opening: November 1st, at 5 pm

*An English translation will follow

Dans Une journée parfaite, la peintre Sarah Osborne met délibérément en scène une surenchère de codes féminins. Cette intentionnalité souligne le rôle actif des femmes dans leur création identitaire. Saturée jusque dans ses couleurs, l’hyperféminité des toiles est un choix. C’est une douceur fière dont on ne s’excuse pas, un point de vue sur le monde. Ici, un pied chaussé d’un talon plateforme s’enracine dans une pelouse piquée de fleurs. Là, un soulier à pois foule un sol jonché de pétales. Sorte de leitmotiv, les talons hauts ponctuent la série de toiles de deux qualités qui ne se contredisent qu’en apparence : la robustesse et la délicatesse. Ils servent de point d’ancrage au réel et situent l’œuvre dans son époque. Sans inviter au fétichisme, ils commandent plutôt le respect et l’admiration. Comme ces pop stars badass que l’on voudrait tant émuler, les chaussures d’Osborne parlent de souveraineté et de pouvoir. On ne se chausse pas ainsi sans avoir une conscience aiguë des codes avec lesquels on joue. De fait, la peintre s’amuse à exacerber les stéréotypes féminins. Elle se les réapproprie et les superpose, comme des motifs : fleurs contre cœurs contre froufrous. L’identité idéale est une création. D’ailleurs, avant d’être vécue, la journée parfaite est elle aussi composée. Ce qu’on laisse voir de soi est toujours choisi, cadré et savamment découpé. Pas de visage. L’attention est portée sur les détails, dans une esthétique du gros plan. Le sujet de chaque toile dirige le regard du spectateur ou de la spectatrice, comme s’il se prenait en selfie. À la fois vulnérable et féroce, l’image parle : voici un papillon, voici mes convictions, voici mon corps et voici mes souliers de guerrière féministe. Difficile de ne pas se laisser entraîner par le mouvement incandescent de cette journée parfaite. 

Sarah Osborne vit et travaille à Montréal. Elle a obtenu une maitrise en Arts visuels en concentration peinture et dessin de l’Université Concordia en 2018. Son travail a été présenté à la foire Papier à deux reprises (en 2018 et 2019) ainsi que dans de nombreux contextes d’expositions de groupe, notamment avec Projet Pangée et TAP art space. Elle a fait partie de l’encan Vendu_Sold organisé par la revue Esse en 2018 et participera encore cette année, en 2019. Elle a pris part à une résidence d’artiste en Californie à Los Angeles (ESXLA), en 2018-2019.

Ses tableaux s’orientent autour du féminin. Son travail est influencé par les réseaux sociaux, l’internet, la mode et sa connexion paradoxale avec la nature. Sa peinture questionne la prise de position et l’autoreprésentation féminine dans l’histoire de la peinture mais aussi dans le quotidien. L’autoportrait, la nature morte et le nu féminin, toutes de grandes traditions dans la peinture, ont une grande importance dans son travail.


In Une journée parfaite (A Perfect Day), painter Sarah Osborne deliberately stages an exaggeration of feminine codes. This intentionality highlights the active role women play in creating their own identities. Saturated even in its colors, the hyperfemininity of the paintings is a choice. It is a proud gentleness that makes no apologies, a perspective on the world. Here, a foot clad in a platform heel is rooted in a lawn dotted with flowers. There, a polka-dot shoe treads on a floor strewn with petals. A sort of leitmotif, high heels punctuate the series of paintings with two qualities that only appear to contradict each other: robustness and delicacy. They serve as an anchor to reality and situate the work in its era. Without inviting fetishism, they command respect and admiration. Like those badass pop stars we so desperately want to emulate, Osborne's shoes speak of sovereignty and power. You don't dress like that without being acutely aware of the codes you're playing with. In fact, the painter enjoys exaggerating female stereotypes. She reappropriates them and superimposes them, like patterns: flowers against hearts against frills. The ideal identity is a creation. Moreover, before it is lived, the perfect day is also composed. What we allow others to see of ourselves is always chosen, framed, and skillfully cut out. No faces. Attention is focused on details, in a close-up aesthetic. The subject of each canvas directs the viewer's gaze, as if taking a selfie. Both vulnerable and fierce, the image speaks: here is a butterfly, here are my convictions, here is my body, and here are my feminist warrior shoes. It's hard not to get caught up in the incandescent movement of this perfect day.

Sarah Osborne lives and works in Montreal. She obtained a Master's degree in Visual Arts with a concentration in painting and drawing from Concordia University in 2018. Her work has been featured at the Papier fair twice (in 2018 and 2019) as well as in numerous group exhibitions, notably with Projet Pangée and TAP art space. She participated in the Vendu_Sold auction organized by Esse magazine in 2018 and will participate again this year, in 2019. She took part in an artist residency in Los Angeles, California (ESXLA), in 2018-2019.

Her paintings focus on the feminine. Her work is influenced by social media, the internet, fashion, and its paradoxical connection to nature. Her painting questions female positioning and self-representation in the history of painting as well as in everyday life. Self-portraits, still lifes, and female nudes, all great traditions in painting, are of great importance in her work.

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