Marie-Josée Laframboise | Le Gymnase
Crédit photo : Pierre Robert
Du 15 septembre au 7 novembre 2020 | From September 15 to November 7, 2020
*An English translation will follow.
La galerie étant fermée en raison des mesures sanitaires actuellement en vigueur, nous vous convions à découvrir les expositions en cours par le biais de capsules vidéo. Nous poursuivons ce programme avec l'exposition de Marie-Josée Laframboise, intitulée Le Gymnase.
En dialogue avec mes recherches sur l’appropriation spatiale et la mise en réseau de multiples matières, mes pratiques du dessin et de la photographie, toujours ancrée dans le questionnement sur l’espace, explorent et prolongent le concept du réseau. Particulièrement dans les dessins récents, dont le projet Gymnase, des éléments visuels issus d’un contexte industriel ou institutionnel sont intégrés à des compositions abstraites où des référents à la réalité cohabitent avec des figures géométriques. Dans le même esprit, la série des Faîtages linéaires fait partie d’une recherche évolutive qui propose des photographies de câbles électriques qui compartimentent et hachurent le paysage de notre environnement quotidien. Ces diverses compositions abstraites relèvent directement de l’acte de tracer sur une surface et dans l’espace, des traits destinés à donner une représentation d’éléments en réseau. Ces enchevêtrements de fils, capturés sous différents angles, deviennent des compositions complexes qui révèlent des réseaux linéaires auxquels nous ne portons généralement guère attention.Mes installations peuvent aussi être appréhendées d’un point de vue graphique, dans la mesure où elles relèvent directement de l’acte de tracer, sur une surface, des figures d’éléments en réseau, faisant parfois référence aux structures de systèmes mathématiques tels que les points d’inflexions et de rebroussement, le vecteur ou la courbe de Bézier. Le fil, le tube, le filet, les segments de cerceaux viennent emplir les lieux, tandis que les matières greffées aux parois de l’espace d’exposition – mur, plafond, colonne, poutre, sol – créent des parcours inhabituels, nous invitant à circuler à l’intérieur de structures ou, au contraire, à éviter certains lieux de passage préétablis.
Lieu de culte par excellence, le gymnase est fréquenté tant par les écoliers que les sportifs repoussants leurs limites vers les hauteurs des podiums. Les odeurs, les sons et la luminosité de cet endroit font partie intégrante de notre mémoire collective occidentale.En contemplant l’enchevêtrement des lignes des différentes surfaces de jeux, Marie-Josée Laframboise a ressenti une attirance pour ce grand espace rassembleur témoin d’expériences parfois rassurantes, parfois contrariantes. La création s’est alors emparée de ce lieu où se défie habituellement l’élite sportive, pour mettre en exergue les tracés et leurs propriétés linéaires.Retranscrites sur pellicule transparente de polyester, les lignes s’affranchissent de leur lieu d’origine pour épouser d’autres sols et se libérer des règles prescrites. En altérant les couleurs originales, l’artiste fait vivre tout autrement les courbes, les diagonales et les droites, ponctuées aléatoirement de cercles. Les inflexions et les rebroussements donnent une autre dimension au résultat abstrait que l’on pourrait qualifier, selon nos référents historiques, d’expressionnisme minimaliste. La dynamique du dessin permute selon les lignes qui s’entrechoquent, se rencontrent, se juxtaposent ou s’étreignent. Le spectateur est invité à expérimenter cet espace chimérique en deux temps. Tout d’abord en s’élevant sur des podiums, qui ne sont pas sans rappeler les remises de médailles de nos athlètes, puis en observant le prolongement virtuel de ce dessin. En effet, le spectateur peut interagir avec ce dessin qui prend tout son sens par la tridimensionnalité immatérielle de la réalité augmentée. Par l’intermédiaire d’images de synthèse, l’entrelacement de la composition s’expérimente dans l’espace virtuel du lieu d’exposition où les lignes flottent autour de nous. Offrant une dimension différente au dessin, le jeu linéaire devient tangible et donne une dimension ludique à cette expérimentation tridimensionnelle. N’est-ce pas une question millénaire que de faire cohabiter le 2D et le 3D?
-Claire Lefebvre
Née à Québec, Marie-Josée Laframboise vit et travaille à Montréal. Ses œuvres ont été présentées dans le cadre d’exposition individuelles et collectives notamment, la Galerie d’art d’Ottawa; le Musée d’art de Joliette; le centre de diffusion et de production de la photographie VU; la Southern Alberta Art Gallery; Le Quartier, Centre d’art contemporain (Quimper); le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (Nice); la Kunstraum Dornbirn (Autriche); le Musée régional de Rimouski; le Centre d’art contemporain (Bruxelles); la Galerie de l’UQAM; le centre Langage Plus; le centre d’exposition CIRCA; Occurrence espace d’art et d’essai; l’Espace-musée de Québécor; la Grenfell Campus Art Gallery; et la Art Gallery of Hamilton. On trouve ses oeuvres au sein de collections privées et publiques importantes, dont la collection Prêt d’oeuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec, le Musée d’art de Joliette, la collection du Cirque du Soleil ainsi que celle de la Fondation Christoph Merian, en Suisse. De plus, ses projets ont bénéficié à plusieurs reprises du soutien du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec. Détentrice en 2002 d’une maîtrise en arts visuels de l’Université Concordia, elle participe en 2000 à un échange international à la Glasgow School of Art, au cours de ses études supérieures. Elle enseigne depuis 2006 au département d’Arts visuels du Collège Lionel-Groulx à Sainte-Thérèse.
L'artiste remercie Luc Larouche et Alain Limouzin de Up2blu, Xavier Lebuis, ainsi que Claire Lefebvre, Pierre Robert, Caroline St-Laurent et le Collège Lionel-Groulx pour le prêt de son gymnase.
As the gallery is currently closed due to health measures, we invite you to discover our current exhibitions through short videos. We continue this program with Marie-Josée Laframboise's exhibition, entitled Le Gymnase.
In dialogue with my research on spatial appropriation and the networking of multiple materials, my drawing and photography practices, always rooted in questioning space, explore and extend the concept of the network. Particularly in recent drawings, including the Gymnase project, visual elements from an industrial or institutional context are integrated into abstract compositions where references to reality coexist with geometric figures. In the same vein, the Faîtages linéaires series is part of an ongoing research project featuring photographs of electrical cables that compartmentalize and crisscross the landscape of our everyday environment. These various abstract compositions are directly related to the act of tracing lines on a surface and in space, intended to represent networked elements. These tangles of wires, captured from different angles, become complex compositions that reveal linear networks that we generally pay little attention to. My installations can also be understood from a graphic perspective, insofar as they directly relate to the act of tracing figures of networked elements on a surface, sometimes referring to the structures of mathematical systems such as inflection and reversal points, vectors, or Bézier curves. Wire, tubing, netting, and hoop segments fill the space, while materials grafted onto the walls, ceiling, columns, beams, and floor of the exhibition space create unusual pathways, inviting us to move inside structures or, conversely, to avoid certain pre-established passageways.
A place of worship par excellence, the gymnasium is frequented by both schoolchildren and athletes pushing their limits to reach the heights of the podium. The smells, sounds, and brightness of this place are an integral part of our collective Western memory. Contemplating the intertwining lines of the different playing surfaces, Marie-Josée Laframboise felt drawn to this large, unifying space, witness to experiences that are sometimes reassuring, sometimes upsetting. Creation then took hold of this place, where the sporting elite usually compete, to highlight the lines and their linear properties. Transcribed onto transparent polyester film, the lines break free from their original location to embrace other surfaces and liberate themselves from prescribed rules. By altering the original colors, the artist brings the curves, diagonals, and straight lines, punctuated randomly with circles, to life in a whole new way. The inflections and reversals give another dimension to the abstract result, which could be described, according to our historical references, as minimalist expressionism. The dynamics of the drawing change according to the lines that collide, meet, juxtapose, or embrace each other. The viewer is invited to experience this fantastical space in two stages. First, by climbing onto podiums reminiscent of medal ceremonies for athletes, then by observing the virtual extension of this drawing. Viewers can interact with the drawing, which takes on its full meaning through the immaterial three-dimensionality of augmented reality. Through computer-generated images, the intertwining of the composition can be experienced in the virtual space of the exhibition venue, where the lines float around us. Offering a different dimension to the drawing, the linear play becomes tangible and adds a playful dimension to this three-dimensional experiment. Isn't it a thousand-year-old question of how to make 2D and 3D coexist?
-Claire Lefebvre
Born in Quebec City, Marie-Josée Laframboise lives and works in Montreal. Her works have been presented in solo and group exhibitions at venues including the Ottawa Art Gallery; the Musée d’art de Joliette; the VU photography production and distribution center; the Southern Alberta Art Gallery; Le Quartier, Centre d’art contemporain (Quimper); the Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (Nice); Kunstraum Dornbirn (Austria); the Musée régional de Rimouski; the Centre d’art contemporain (Brussels); the Galerie de l’UQAM; the Langage Plus center; the CIRCA exhibition center; Occurrence espace d’art et d’essai; the Espace-musée de Québécor; the Grenfell Campus Art Gallery; and the Art Gallery of Hamilton. His works can be found in major private and public collections, including the Musée national des beaux-arts du Québec's art loan collection, the Musée d'art de Joliette, the Cirque du Soleil collection, and the Christoph Merian Foundation collection in Switzerland. In addition, her projects have received support from the Canada Council for the Arts and the Conseil des arts et des lettres du Québec on several occasions. She earned a master's degree in visual arts from Concordia University in 2002 and participated in an international exchange program at the Glasgow School of Art in 2000 during her graduate studies. Since 2006, she has been teaching in the Visual Arts Department at Collège Lionel-Groulx in Sainte-Thérèse.
The artist would like to thank Luc Larouche and Alain Limouzin of Up2blu, Xavier Lebuis, as well as Claire Lefebvre, Pierre Robert, Caroline St-Laurent, and Collège Lionel-Groulx for lending her the use of their gymnasium.

