Maude Arsenault | Tissu(s) social | 05.09.-18.10.2025
@ Maude Arsenault
Du 5 septembre au 18 octobre 2025 | From September 5 to October 18, 2025
Vernissage: 5 septembre lors de la Rentrée de Gaspé | Opening: September 5 during the Rentrée de Gaspé
*An English translation will follow
À la croisée des enjeux personnels et collectifs, Tissu(s) social est une installation sensible qui met en scène la table comme espace de convergence symbolique et matériel. En m’emparant de cet objet central du domestique, j’ai voulu tisser une réflexion à la fois poétique, politique et critique sur les formes contemporaines du lien social, les rapports de pouvoir dans l’espace intime, et les gestes invisibles qui composent la trame du vivre-ensemble. Cette exposition marque un tournant dans ma pratique, convoquant sculpture textile, céramique, photographie et image performée, pour produire une œuvre en réseau, stratifiée, comme un tissu de fragments narratifs.
La table est ici envisagée comme un théâtre social, un lieu de rapprochements et de conflits, de discussions quotidiennes et de grands moments de partage. Inspirée par les interactions vécues avec mes trois enfants autour de la table familiale, je pars du personnel pour réfléchir le politique. La table, ancrée dans l’histoire des rôles genrés, devient un dispositif critique, un lieu idéologique chargé de codes, rituels, mémoire et symboles. Nourrie par la notion de « sculpture sociale » chère à Joseph Beuys, l’installation, faite à partir de linges anciens, chinés et rapiécés, trouve une résonance tangible : elle évoque un espace où la matière est porteuse de relations humaines, de care, d’actes de réparation, de résistance et d’histoires intimes.
Avec Tissu(s) social, je propose un temps d’arrêt, une attention aux gestes ordinaires et aux liens subtils qui nous unissent, à une époque marquée par les fractures identitaires, les solitudes collectives et les tensions politiques. En réfléchissant à nos manières d’être ensemble autour de la table, j’ai souhaité créer du commun, du partage, non pas dans la nostalgie d’un idéal perdu, mais dans l’espoir d’un tissu social réparé et radicalement renouvelé.
-Maude Arsenault
Maude Arsenault est une artiste multidisciplinaire de Montréal, dont la pratique explore la représentation des corps féminins et leurs espaces. Par l’image, l’imprimé, le collage, la sculpture et l’installation, elle façonne des œuvres qui ouvrent sur des géographies du corps insoupçonnées, traversées par une réflexion sur l’autodétermination et l'émancipation des femmes. Animée par le désir de « révéler quelque chose de vital dans la relation entre un individu et son environnement », Arsenault explore les flux et reflux entre l’intériorité et l’espace vécu, cherchant à faire naître de nouvelles voies de dialogue entre corps, mémoire, territoire et matérialité. Ses œuvres, truffées de plis, d'entailles et d'interstices, révèlent la puissance de la douceur, telle une force voilée qui transforme nos fragilités en formes de résistance.
Son travail a été présenté dans le cadre d’expositions et de résidences au Canada, en Europe, en Amérique latine, au Japon et aux États-Unis. Elle est l’autrice de deux livres photographiques primés, Entangled (2020/2023) et Resurfacing (2023), publiés par la maison d’édition Deadbeatclub à Los Angeles. Lauréate du grand prix de photographie Hariban Award au Japon en 2020, elle a figuré en 2024 parmi les artistes nommés.e.s pour le Leica Oskar Barnack Award.
Diplômée d’un certificat en histoire de l’art de l’Université de Montréal et d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM, Maude Arsenault a également reçu la Bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain (2023), la Bourse Yvonne L. Bombardier (2021), ainsi que plusieurs subventions du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada.
Les œuvres et les livres de Maude Arsenault font parties de nombreuses collections privées et publiques dont celle du MoMA (NY), Pier24 San Francisco, NY City Public Library, l'Université de Georgia (E-U) et de l’ Atelier Benrido (Japon).
L’artiste tient à remercier La bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain pour leur soutien dans la recherche et la réalisation de ce projet ainsi que Alexandra Damiani et les danseurs et danseuses des Ballets Jazz de Montréal pour leur collaboration.
At the crossroads of personal and collective issues, Tissu(s) social [Social Fabric(s)] stages the table as a symbolic and material space of convergence. By taking hold of this central object of domesticity, I wanted to weave a reflection at once poetic, political, and critical on contemporary forms of social connection, power relations in intimate spaces, and the invisible gestures that make up the fabric of living together. This exhibition marks a turning point in my practice, bringing together textile sculpture, ceramics, photography, and performed images to compose a networked, layered work, like a fabric of narrative fragments.
The table is considered here as a social theatre, a place of connections and conflicts, of everyday discussions and of great moments of sharing. Inspired by interactions with my three children around the family table, I start from the personal to reflect on the political. The table, rooted in the history of gender roles, becomes a critical device, an ideological space charged with codes, rituals, memory, and symbols. Nourished by the notion of “social sculpture” dear to Joseph Beuys, the installation, made from old, second-hand, and patched-up linens, finds a tangible resonance: it evokes a space where matter is the bearer of human relationships, care, acts of reparation, resistance, and intimate stories.
With Tissus(s) social, I propose a pause, a focus on ordinary gestures and the subtle bonds that unite us, in an era marked by identity fractures, collective loneliness, and political tensions. By reflecting on our ways of being together around the table, I wanted to create a sense of community and sharing, not out of nostalgia for a lost ideal, but in the hope of a repaired and radically renewed social fabric.
-Maude Arsenault
Maude Arsenault is a multidisciplinary artist from Montreal whose practice explores the representation of female bodies and their spaces. Through photography, print, collage, sculpture, and installation, she creates works that open onto uncharted geographies of the body, imbued with reflections on women’s self-determination and emancipation. Driven by the desire to “reveal something vital in the relationship between an individual and their environment,” Arsenault investigates the ebb and flow between interiority and lived space, seeking to spark new forms of dialogue between body, memory, territory, and materiality. Her works—marked by folds, incisions, and interstices—reveal the power of softness, as a veiled force that transforms fragility into forms of resistance.
Her work has been presented in exhibitions and residencies across Canada, Europe, Latin America, Japan, and the United States. She is the author of two award-winning photobooks, Entangled (2020/2023) and Resurfacing (2023), both published by Deadbeatclub in Los Angeles. Winner of the prestigious Hariban Award in Japan in 2020, she was also shortlisted in 2024 for the Leica Oskar Barnack Award.
Arsenault holds a certificate in Art History from the Université de Montréal and a Master’s degree in Visual and Media Arts from UQAM. She has received the Claudine and Stephen Bronfman Fellowship in Contemporary Art (2023), the Yvonne L. Bombardier Graduate Scholarship (2021), as well as multiple grants from the Conseil des arts et des lettres du Québec and the Canada Council for the Arts.
Her works and books are included in numerous private and public collections, including the MoMA (New York), Pier24 (San Francisco), the New York Public Library, the University of Georgia (USA), and Atelier Benrido (Japan).
The artist would like to thank the Claudine and Stephen Bronfman Award in Contemporary Art for their support in researching and realizing this project, as well as Alexandra Damiani and the dancers of Les Ballets Jazz de Montréal for their collaboration.

