Vicky Sabourin | PLUVARIUM | 05.09.-18.10.2025
@ Vicky Sabourin
Du 5 septembre au 18 octobre 2025 | From September 5 to October 18, 2025
Vernissage: 5 septembre lors de la Rentrée de Gaspé | Opening: September 5 during the Rentrée de Gaspé
*An english translation will follow
« Comment faire le deuil des endroits qui nous habitent aussi fort que nous les habitons ? »
À l’aube de son départ de l’atelier qu’elle occupe depuis dix ans, Vicky Sabourin a soigneusement aménagé un espace voué au deuil en s’inspirant des structures servant à recueillir l’eau de pluie dans la Rome antique. Le pluvarium (ou impluvium), un bassin situé au cœur de l’atrium de la villa romaine, s’emplit des eaux pluviales qui se déversent à travers le compluvium, une ouverture carrée pratiquée dans le toit du bâtiment. Logé dans la section de la maison où sont reçu·e·s les invité·e·s, le pluvarium amalgame l’intérieur et l’extérieur, le privé et le public, l’intime et le collectif.
Dans la galerie vitrée, une vaste plateforme recouverte de mosaïque renferme un bassin rempli d’eau, dont les dimensions sont calquées sur le puits de lumière distinctif de l’atelier de Vicky. Des motifs confectionnés à partir de pièces de verre coloré représentent des oléandres, une plante à fleurs tapissant l’Italie, et des iris, tels que ceux qui ornaient jadis le jardin de sa mère. Minutieusement façonnée à plusieurs mains, à l’aide d’ami·e·s et de membres de sa famille, la composition de tuiles miniatures évoque le rapport à la communauté qui traverse l’ensemble de son travail, intimement lié à sa vie personnelle et à son histoire familiale.
Vicky articule ainsi dans la salle d’exposition un espace consacré aux adieux. À la manière d’un pluvarium où l’on peut observer le ruissellement de la pluie, l’installation permet de contempler la perte de ce qui nous est cher. Faisant écho aux concepts de filiation et de genèse, chacune des composantes de l’œuvre est tissée de références aux origines italiennes de l’artiste et à son espace de création, où les idées fleurissent et flétrissent. L’installation témoigne de la démarche d’accumulation au cœur de la pratique de Vicky, dans laquelle les fragments des souvenirs et des deuils qui habitent l’artiste se confondent et donnent naissance à de nouvelles formes.
-Maude Johnson
Vicky Sabourin vit et travaille à Montréal. Elle détient une maîtrise en Arts Visuels de l’Université Concordia. Elle est reconnue en tant qu’artiste multidisciplinaire pour ses installations immersives et performatives. Mort, deuil et autres événements traumatiques constituent la genèse de la trame narrative de ses œuvres dans lesquelles elle aborde les relations entre humains, à la nature et inter-espèce. Sabourin convoque les affects et l’émotivité par l’expérience esthétique et l’appréhension par les sens tels que l’odorat et le toucher. Son travail a été présenté en galeries, musées et centres d’artistes au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Inde. Ces récentes expositions individuelles incluent, notamment, Ce que les lys odorants tentent de camoufler (Musée d’art de Joliette, Qc, et Prameya Art Foundation, New Delhi, Inde), Devenir Invisible (Latitude 53, AB), Les Curiosités (Musée national des beaux-arts du Québec, QC) et Danse Macabre (L’Oeil de Poisson, Québec, and Sporobole, Sherbrooke, QC).
Ce projet fut réalisé par plusieurs mains, ici même dans la galerie tout le long du mois d’août. Vicky Sabourin tient à remercier sa famille, ses ami.e.s, artistes et ancien.ne.s étudiant.e.s qui se sont assis.es à sa table et ont travaillé.e.s à ses côtés. Elle est infiniment reconnaissante de l’aide et du support qu’elle a reçus de ses proches. Elle n’aurait pu réaliser ce projet sans elleux.
Camille Dubuc, assistante
Émile Letarte, spécialiste en carrelage
Frédérik Lévesque, conception et construction de la structure de bois
Chris Boyne, soutient à toutes les étapes de création
Marie Côté, atelier céramique
Philippe Carron Lefebvre, atelier céramique
Maude Johnson, texte d’exposition
Les petites mains
Louise Vincelli Isabelle Grenon Élisabeth Recurt Sarah Pupo
Andréanne Godin Alyssa Andrews Claude Thomassin Gérard Thomassin
Gaétane Dion Chloé Fiset Noémy Fiset Jinyoung Ki
Paul Plouffe Manel Benchabane Carl Trahan Zeenat Nagree
Ariele Dionne-Krosnick Rémi Morais Margaux Domec Alvin Sauerberg Thorsen
William Sabourin Mathieu Lacroix Samuel Lebel Gagnon Andras Csaszar
Lili Michaud France Choinière
“How do we mourn the places that inhabit us as strongly as we inhabit them?”
As she prepares to leave the studio she has occupied for ten years, Vicky Sabourin has carefully created a space dedicated to mourning, inspired by the structures used to collect rainwater in ancient Rome. The pluvarium (or impluvium), a basin located in the heart of the atrium of a Roman villa, fills with rainwater that pours through the compluvium, a square opening in the roof of the building. Located in the section of the house where guests are received, the pluvarium blends interior and exterior, private and public, intimate and collective.
In the glass gallery, a large mosaic-covered platform encloses a water-filled basin, whose dimensions are modeled on the distinctive skylight in Vicky’s studio. Patterns made from pieces of coloured glass represent oleanders, a flowering plant found all over Italy, and irises, such as those that once adorned her mother’s garden. Meticulously crafted by several hands, with the help of friends and family members, the composition of miniature tiles evokes the relationship with the community that runs through all of her work, intimately linked to her personal life and family history.
Vicky thus creates a space dedicated to farewells in the exhibition hall. Like a pluvarium where one can observe the flow of rain, the installation allows us to contemplate the loss of what is dear to us. Echoing the concepts of filiation and genesis, each component of the work is woven with references to the artist’s Italian origins and her creative space, where ideas flourish and wither. The installation reflects the process of accumulation at the heart of Vicky’s practice, in which fragments of the artist’s memories and grief merge and give rise to new forms.
-Maude Johnson
Vicky Sabourin lives and works in Montreal. She holds a Master’s in visual arts from Concordia University. Her work has been presented in art galleries, museums, and artist-run centres in Canada, the United States, and Europe. Recent solo exhibitions of her work include What the Fragrant Lilies Are Trying to Cover Up (Musée de Joliette, QC), Becoming Invisible (Latitude 53, AB), Les Curiosités (Musée national des beaux-arts du Québec, QC) and Danse Macabre (L’Oeil de Poisson, Quebec, and Sporobole, Sherbrooke, QC).

