Transcender le banal | Exposition collective | 16.01.-07.03.2026

Du 16 janvier au 7 mars 2026 | Vernissage le vendredi 16 janvier de 17h à 20h

From January 16 to March 7, 2026 | Opening: Friday, January 16, from 5 to 10pm

Commissaire | Curator : Kinuko Asano

Artistes | Artists : Mikiko Hara, Chieko Shiraishi, Yoshinori Mizutani, Shin Noguchi et Aki Goto

Une collaboration avec les Rencontres de la photographie en Gaspésie | A collaboration with the Rencontres de la photographie en Gaspésie

“L’esthétique fonde un rapport d’indiscernabilité entre le monde de l’art et le monde de la vie. Le geste artistique change la perception, et non pas la nature, de l’ordinaire. Ainsi, l'expérience esthétique permet un rapport de continuité entre l’art et la vie.”

– Esthétique de la vie ordinaire, Barbara Formis

*an english version will follow

La photographie élargit notre champ de vision, transcende les frontières de l’espace et du temps, et ouvre une fenêtre sur d’autres mondes, d’autres réalités. En révélant la beauté et la force de ce qui pourrait sembler ordinaire, elle offre à chacun la possibilité d’un voyage immobile. Les distances se réduisent alors à cet intervalle ténu entre l’image et le regard qui s’y pose. « Il n’y a rien de plus universel qu’un photographe : c’est quelqu’un qui fait des photos pour tout le monde », affirme Raymond Depardon. *

Réunissant les regards croisés de cinq artistes japonais et japonaises – Chieko Shiraishi, Mikiko Hara, Yoshinori Mizutani, Shin Noguchi et Aki Goto – et conçue à l’invitation des Rencontres de la photographie en Gaspésie, l’exposition explore la manière dont le geste photographique transcende le banal. Dépassant la simple exploration du quotidien, les œuvres présentées ouvrent des perspectives singulières sur des instants en apparence insignifiants. Pour ces artistes, le banal devient une matière brute : il se révèle et se métamorphose à travers l’objectif, qui en capte les éclats, les fragilités, les instants de beauté et d’émotion où l’imaginaire peut s’épanouir au cœur même de ce qu’il y a de plus simple.

Percer à jour ce qui se cache derrière l’ordinaire partagé, révéler la poésie fugace de l’inaperçu, et faire dialoguer — peut-être — le Québec et le Japon à travers la langue partagée de l’émotion et de l’émerveillement : tel est le fil conducteur de cette exposition, qui propose un réenchantement à la portée de tous et de toutes.

-Entretien diffusé sur France Culture, le 10 mai 2024.

À propos de la commissaire et des artistes

Kinuko Asano est une directrice artistique, commissaire d’exposition et designer graphique franco-japonaise. Après des études de direction artistique et de design graphique, elle co-fonde ‘studio3pièces’, un studio de création multidisciplinaire. En 2017, après une reprise d’études, elle obtient un certificat en photographie à l’ICP (International Center of Photography). Elle est aujourd’hui co-directrice de la galerie écho 119, à Paris. Elle accompagne en parallèle divers artistes dans la conception d’objets éditoriaux et d’expositions.

Mikiko Hara

Mikiko Hara est née en 1967 dans la préfecture de Toyama. Elle vit et travaille à Tokyo, au Japon. 

Diplômée de l’université de Keio en 1990, elle étudie ensuite à l’École de Photographie de Tokyo jusqu’en 1996 sous le mentorat, notamment, de Kiyoshi Suzuki. C’est à ce moment qu’elle développe son style singulier. Depuis, elle a exposé dans plusieurs galeries et musées. Son travail a intégré les collections du J. Paul Getty Museum (É.-U.) et du Museum of Modern Art de San Francisco (É.-U.), entre autres. Elle a été récompensée du prestigieux prix photographique Kimura Ihei en 2017. Son travail a par ailleurs été exposé à l’été 2024 dans le cadre des Rencontres d’Arles (France). Elle est aujourd’hui l’un des plus grands noms de la photographie japonaise au féminin.

Démarche

Photographe du furtif, Mikiko Hara capture souvent sans viseur les inconnus, les moments, les lumières qui retiennent son regard. « L’objectif de l’appareil est plus honnête, plus simple, plus imperturbable et impitoyable que mes propres yeux. » 
Si l’acte photographique est enclenché presque secrètement, ce sont pourtant des images et des moments extrêmement personnels, intimes et sensibles qui en ressortent. Sa démarche, qui pourrait être qualifiée de « photographie de l’instant », s’exprime autant dans les rues et par des anonymes que dans son propre quotidien : Mikiko Hara passe avec une facilité déconcertante de la sphère privée à celle publique, capturant avec la même douceur ces moments de grâce éphémères qui racontent les fragments de vie et de beauté de gens qui croisent sa route. Ce faisant, elle dévoile ces moments si humains où les façades s’effacent pour révéler, le temps d’un fragment de seconde, des parts d’ombre et de lumière insoupçonnées. « J'aimerais photographier les choses telles qu’elles sont, être aussi transparente que possible. J'entends par là non seulement le souhait que le sujet ne s'aperçoive pas qu'il est photographié par moi, mais aussi quelque chose de plus nuancé qui concerne mon souhait d'échapper à mon propre biais. »

Chieko Shiraishi

Chieko Shiraishi, née en 1968 à Yokosuka, dans la préfecture de Kanagawa, incarne une voix singulière dans la photographie japonaise contemporaine.

Formée auprès des maîtres Katsuhito Nakazato et Kazuo Kitai, elle découvre l’alchimie de la chambre noire et l’art délicat du tirage argentique. Ce savoir-faire, porté à son plus haut niveau, devient l’instrument d’une quête intime, un langage sensible au service de l’émotion et de la perception intérieure du monde. Usant de procédés anciens, parfois oubliés, pour conférer à ses images une matérialité rare, son travail oscille entre photographie et peinture, présence et effacement. Ses œuvres se déploient dans cette zone fragile où le réel s’altère pour devenir vision, et où l’instant suspendu se charge d’une étrange et silencieuse beauté. L’univers qu’elle construit s’adresse autant au regard qu’aux sens : c’est une véritable invitation au sensoriel, au rêve et à la contemplation de l’instant.

Depuis 1998, elle a présenté plus d’une vingtaine d’expositions personnelles dans des galeries au Japon, en Italie, en France et en Corée du Sud. Son travail fait partie des collections permanentes du Kiyosato Museum of Photographic Arts, du Centre culturel de la ville de Higashikawa, de l’Ashikaga Museum of Art et de la BnF (Bibliothèque nationale de France).

Démarche

Chieko Shiraishi présente ici deux séries distinctes. 

La première, Shimakage (« L’ombre des îles »), explore la sensation de souvenirs qui s'étiolent au fil du temps. Pour ce faire, elle recourt à une technique analogique prisée par les photographes amateurs japonais des années 1920-1930 : le zokin-gake – littéralement « essuyage au chiffon ». Cette méthode consiste à appliquer sur le tirage des couches successives de peinture huileuse, puis à les essuyer et à les modeler. Le geste devient alors une véritable sculpture de l’image et de la lumière, donnant naissance à des photographies aux textures profondes et vibrantes. 

La deuxième série est le fruit de sa résidence artistique en Gaspésie à l’été 2023. Shiraishi l’envisage comme un carnet de bord visuel de sa découverte de ce vaste territoire. Elle y consigne ses étonnements, les résonances et les contrastes avec le Japon, la solitude parfois éprouvée face à la barrière de la langue et aux différences culturelles, mais aussi les moments d’éclat : les rencontres, les instants de grâce et cette lumière gaspésienne si singulière.

Yoshinori Mizutani

Yoshinori Mizutani est né en 1987 dans la préfecture de Fukui, au Japon. 

Diplômé du Tokyo College of Photography en 2012, il a remporté et été nominé pour de nombreux prix, dont le prestigieux Japan Award en 2013, le Foam Talent et le Lens Culture Emerging Talents Top 50 en 2014. Sa série Tokyo Parrots a été exposée au Festival de la photographie de Bienne, en Suisse. 

Une des figures montantes de la photographie contemporaine japonaise, Yoshinori Mizutani explore avec un regard sans cesse renouvelé sa ville adoptive, Tokyo. Imprégné par la tradition picturale japonaise, il y transforme le familier en un ensemble de formes, de couleurs et de textures qui aboutissent à un corpus pictural graphique, presque pop, toujours poétique, parfois étrange, aussi.

Démarche

Dans sa série Tokyo Parrots, si les sujets que Mizutani photographie (ici les oiseaux qui peuplent la capitale nippone) sont tout ce qu’il y a de plus communs pour les habitants de la ville, ses cadrages, son utilisation de couleurs très acidulées et son regard singulier transforment la ville en une vaste jungle pop, fantastique et un peu inquiétante, aussi. La ville devient ainsi un terrain de chasse et d’exploration pour Mizutani, qui capture l'étrangeté d’un Tokyo si loin de la nature et pourtant en un sens si « sauvage », avec le style coloré, acidulé et décalé qui le caractérise.

Shin Noguchi

Shin Noguchi est né en 1976 à Tokyo, au Japon.

Il décrit sa photographie, qu’il définit comme de la « photographie de rue » (street photography), comme une tentative de capturer des moments extraordinaires d'excitation, d'humanisme et de beauté au milieu du flux de la vie quotidienne. 

Avec l’approche discrète, poétique et énigmatique de son art, il est capable de capturer les subtilités et les complexités de la culture japonaise sans avoir recours à la mise en scène, à la photographie sans viseur ou à la photographie branchée. Son univers à la fois ludique, absurde et onirique ramène au monde des enfants, où la moindre chose devient sujet aux rêves et aux histoires, à l’aventure de l’imaginaire.

Il a été invité à organiser des expositions personnelles en Russie, en France, en Chine (organisées par Leica Camera) et dans d'autres pays. Il a également été publié dans plusieurs revues et livres à l’international. Son deuxième livre, In Color In Japan: Selected and New Works, a été publié en août 2024.

Démarche

« Même s'il est difficile d'effacer complètement les frontières entre les cultures, les races et les couleurs, je crois fermement que, grâce à la photographie, nous pouvons ramener les frontières à hauteur d’enfant – à un niveau où les enfants peuvent facilement les enjamber, comme s’il s’agissait d’une simple corde à sauter. »

Le travail ici exposé réunit plusieurs séries de l’artiste pour souligner ce qu’elles ont en commun : un regard malicieux et bienveillant qui trouve dans les petits détails du quotidien – qu’il soit le sien, celui de sa famille ou celui de sa ville, Tokyo – mille histoires.

Aki Goto

Aki Goto est née à Tokyo, au Japon, en 1978. Elle vit et travaille aujourd’hui dans la région des Catskills, aux États-Unis.

Goto est une artiste multimédia qui utilise la vidéo, le son, le textile, la performance, le dessin et la peinture dans sa pratique quotidienne. Après avoir étudié à l'université d'art de Tama à Tokyo, elle part pour New York en 2009, où elle assiste l’artiste Susan Cianciolo. Peu après, elle s’installe dans la région des Catskills (N.Y.), réalisant que son environnement et la nature font partie intégrante de son travail. 

Aujourd’hui, son art et sa vie se confondent. Depuis, elle a exposé dans de nombreuses galeries et institutions au Japon et aux États-Unis, entre autres au Samuel Dorsky Museum of Art de New Paltz (New York) et à Arts of Life à Chicago. Goto a reçu le prix Hudson Valley Artists Annual Purchase Award organisé par le Samuel Dorsky Museum of Art (2024). Elle est également lauréate du Studio Art Prize organisé par Jerry Gogosian (2023). Goto a effectué des tournées musicales dans le nord-est des États-Unis et a reçu le prix du meilleur court métrage expérimental au Greenpoint Film Festival en 2011.

Démarche

Depuis 2020 et le confinement, Goto filme ses enfants et son quotidien, rythmant souvent ses vidéos de ses propres compositions sonores. Ces séquences dépeignent les montagnes russes émotionnelles propres à l’enfance et la parentalité. La vie crève l’écran et nous rappelle cette capacité qu’ont les enfants de vivre entièrement au temps présent. Les moments d'ennui sont juxtaposés à des explosions de drame, donnant lieu à de petites histoires qui se tissent à travers l’objectif de Goto. L'artiste édite, déchiffre et livre ces moments précieux en y incorporant des étincelles de joie, de vulnérabilité et d'étrangeté.


“Aesthetics establishes a relationship of indiscernibility between the world of art and the world of life. The artistic gesture changes the perception, and not the nature, of the ordinary. Thus, the aesthetic experience allows for a relationship of continuity between art and life.”

– Barbara Formis, Esthétique de la vie ordinaire, 2010

 

Photography broadens our field of vision, transcends the boundaries of space and time, and opens a window onto other worlds, other realities. By revealing the beauty and power of what might seem ordinary, it offers everyone the possibility of a motionless journey. Distances are then reduced to that tenuous interval between the image and the gaze that rests upon it. “There is nothing more universal than a photographer: it is someone who takes photos for everyone,” affirms Raymond Depardon*.

Bringing together the perspectives of five Japanese artists – Chieko Shiraishi, Mikiko Hara, Yoshinori Mizutani, Shin Noguchi, and Aki Goto – and conceived at the invitation of the Rencontres de la photographie en Gaspésie, the exhibition explores how the photographic act transcends the mundane. Going beyond a simple exploration of everyday life, the works presented offer unique perspectives on seemingly insignificant moments. For these artists, the mundane becomes raw material: it reveals itself and is transformed through the lens, which captures its brilliance, its fragility, its moments of beauty and emotion where the imagination can flourish at the very heart of what is simplest.

 To uncover what lies hidden beneath the shared everyday, to reveal the fleeting poetry of the unnoticed, and perhaps even to create a dialogue between Québec and Japan through the shared language of emotion and wonder: this is the guiding thread of the exhibition, which offer a re-enchantment accessible to all.

-From an interview broadcast on France Culture, May 10, 2024

About the curator and the artists

Kinuko Asano is a French-Japanese art director, curator, and graphic designer.

After studying art direction and graphic design, she co-founded a multidisciplinary creative studio: studio3pièces. In 2017, after a return to studies, she received a certificate in photography from the ICP (International Center of Photography).

 She is currently co-director of the écho 119 gallery in Paris. She also works with various artists on the design of editorial material and exhibitions.

Mikiko Hara

Mikiko Hara was born in Toyama Prefecture in 1967. She lives and works in Tokyo, Japan.

She graduated from Keio University in 1990 and then studied at the Tokyo College of Photography until 1996 under the guidance of Kiyoshi Suzuki, amongst others. It was during this time that she developed her unique style. Since then, she has exhibited in numerous galleries and museums. Her work has been included in the collections of the J. Paul Getty Museum (USA) and the San Francisco Museum of Modern Art (USA), among others. She received the prestigious Kimura Ihei Photography Award in 2017. Her work was exhibited last summer at the Rencontres d'Arles (France).

Statement

Mikiko Hara is a photographer of the furtive, often capturing without a viewfinder the strangers, the moments and the lights that catch her eye. “The camera lens is more honest, simpler, more imperturbable and merciless than my own eyes.”

Although the photographic act is carried out almost secretly, the images and moments that emerge are extremely personal, intimate and sensitive. Her approach, which we could describe as “photography of instant moments,” is expressed as much in the streets by anonymous people as in her own daily life: Mikiko Hara moves with disconcerting ease from the private to the public sphere, capturing with the same gentleness those fleeting moments of grace that tell of the fragments of life and beauty of those who cross her path. In so doing, she reveals those very human moments when the facades fade away to show, for a fragment of a second, the unsuspected light and shadow. “I want to capture moments as they are, to be as transparent as possible. By this I mean not only that I wish the subject is not aware of being photographed by me, but also something more nuanced that concerns my wish to escape my own bias."

Chieko Shiraishi

Chieko Shiraishi, born in 1968 in Yokosuka, Kanagawa Prefecture, is a singular voice in contemporary Japanese photography.

Trained by masters Katsuhito Nakazato and Kazuo Kitai, she discovered the alchemy of the darkroom and the delicate art of silver gelatine printing. This expertise, brought to its highest level, becomes the instrument of an intimate quest, a sensitive language at the service of emotion and the inner perception of the world. Using ancient, sometimes forgotten processes to imbue her images with a rare materiality, her images oscillate between photography and painting, presence and erasure. They unfold in this fragile zone where reality is altered to become vision, and where the suspended moment is imbued with a strange and silent beauty. The universe thus constructed speaks as much to the eye as to the senses—it is a true invitation to sensory experience, dreaming, and contemplating the present moment.

Since 1968, she has presented more than twenty solo exhibitions in galleries in Japan, Italy, France, and South Korea. Her work is part of the permanent collections of the Kiyosato Museum of Photographic Arts, the Higashikawa City Cultural Centre, the Ashikaga Museum of Art, and the BnF (Bibliothèque nationale de France).

Statement

Chieko Shiraishi is presenting two distinct series here.

The first, Shimakage (“Shadow of the Islands”), explores the sensation of memories fading over time. Here, she employs an analog technique favoured by Japanese amateur photographers of the 1920s and 30s: zokin-gake, literally “wiping with a cloth.” This method involves applying successive layers of oil paint to the print, which are then wiped and shaped. The gesture becomes a true sculpture of image and light, giving rise to photographs with deep and vibrant textures.

The second series is the result of her artist residency in the Gaspé Peninsula in the summer of 2023. Shiraishi envisions it as a visual logbook of her exploration on this vast territory. In it, she records her amazements, the resonances and contrasts with Japan, the solitude sometimes experienced in the face of the language barrier and cultural differences, but also the moments of brilliance: the encounters, the moments of grace and that unique Gaspé light.

Yoshinori Mizutani

Yoshinori Mizutani was born in 1987 in Fukui prefecture, Japan.

A graduate of the Tokyo College of Photography in 2012, he has won and been nominated for numerous awards, including the prestigious Japan Award in 2013, the Foam Talent Award, and the Lens Culture Emerging Talents Top 50 in 2014. His series Tokyo Parrots was exhibited at the Bienne Festival of Photography in Switzerland.

A rising star in contemporary Japanese photography, Yoshinori Mizutani explores his adopted city, Tokyo, from a constantly evolving perspective. Immersed in Japanese pictorial tradition, he transforms the familiar into a collection of forms, colours and textures, which result in a graphic, almost pop art, always poetic, and sometimes strange body of work.

Statement

In his Tokyo Parrots series, while the subjects Mizutani photographs (here, the birds that populate the Japanese capital) are quite commonplace for the city’s inhabitants, his framing, his use of vibrant, acidic colours, and his singular perspective transform the city into a vast, fantastical, and somewhat unsettling pop jungle. The city thus becomes a hunting ground and a place of exploration for Mizutani, who captures the strangeness of a Tokyo so far removed from nature and yet, in a sense, so “wild,” with his characteristic colourful, acidic, and offbeat style.

Shin Noguchi

Shin Noguchi , born in 1976 in Tokyo, Japan, defines his photographic work as “street photography,” which he describes as an attempt to capture extraordinary moments of excitement, humanism, and beauty amidst the flow of daily life.

With his discreet, poetic, and enigmatic approach, he is able to capture the subtleties and complexities of Japanese culture without resorting to staging, viewfinderless photography, or trendy techniques. His playful, absurd, and dreamlike world evokes childhood, where the smallest thing becomes the stuff of dreams and stories, an adventure into imagination.

He has been invited to hold solo exhibitions in Russia, France, China (organized by Leica Camera), and other countries. He has also been published in several international magazines and books. His second book, In Color In Japan: Selected and New Works, was published in August 2024.

Statement

“Even though it’s difficult to completely erase the boundaries between cultures, races and colours, I firmly believe that, through photography, we can bring those boundaries down to a child’s level, where children can easily jump over them, as if with a simple jump rope.” 

The work exhibited here brings together several of the artist’s series to highlight what they have in common: a mischievous and benevolent gaze that finds a thousand stories in everyday life—whether it be his own, his family’s, or that of his city—Tokyo.

Aki Goto

Aki Goto was born in Tokyo, Japan, in 1978. She currently lives and works in the Catskills in the USA. 

Goto is a multimedia artist who uses video, sound, textiles, performance, drawing, and painting in her daily practice. After studying at Tama University in Tokyo, she moved to New York City in 2009, where she assisted artist Susan Cianciolo. Shortly after, she settled in the Catskills (NY), realizing that her surroundings and nature were an integral part of her work.

Today, her art and her life are intertwined. She has exhibited in numerous galleries and institutions in Japan and the United States, including the Samuel Dorsky Museum of Art in New Paltz, New York, and Arts of Life in Chicago. Goto received the Hudson Valley Artists Annual Purchase Award from the Samuel Dorsky Museum of Art (2024). She is also the recipient of the Jerry Gogosian Studio Art Prize (2023). Goto has toured the northeastern region of the United States and received the Best Experimental Short Film award at the Greenpoint Film Festival in 2011.

Statement

Since the 2020 lockdown, Goto has been filming her children and her daily life, often setting her videos to her own musical compositions. These sequences depict the emotional roller coaster of childhood and parenthood. Life bursts onto the screen and reminds us of children’s ability to live fully in the present. Moments of boredom are juxtaposed with bursts of drama, giving rise to little stories that unfold through Goto’s lens. The artist edits, deciphers, and delivers these precious moments, where she incorporates sparks of joy, vulnerability, and strangeness.


Dans les médias | In the news

Karine Bouchard, Les débuts de 2026 en arts visuels, publié dans La Presse le 10 janvier 2026



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Entre suspension et métamorphose: une rencontre sur les seuils | Gonzalo Lebrija & Renata Morales | 27.03.-13.06.2026