Caroline Gagné | Quand un arbre tombe on l'entend ; quand la forêt pousse, pas un bruit
Du 18 janvier au 2 mars 2019 | From January 18 to March 2, 2019
Vernissage le 17 janvier 2019, dès 17h30 | Opening: January 17, at 5:30pm
Un bruit monotone ne calme pas nécessairement.
Une foreuse ne calme personne, sauf peut-être le contremaître.
Néanmoins, c'est dans les bruits monotones que vous avez le plus de chance de trouver le calme.
Ce qu'il y a d'agréable dans le bruit du vent soufflant sur une forêt de pins, c'est que ce bruit n'a aucune arête, il est rond.
Mais il n'a rien de glauque.(Ou bien calme-t-il parce qu'il nous induit à imaginer un être considérable et débonnaire, incapable de sortir absolument de ses gonds ?)
Cependant, il ne faut pas trop regarder la cime des pins secoués par grand vent.
Car si l'on venait à s'imaginer assis sur leur faîte, dans un tel balancement, l'on pourrait et bien plus naturellement que se trouvant sur une balançoire ou dans un ascenseur, à cause de ce bizarre et superbe mouvement là-haut, se sentir emporté, et, quoique s'efforçant de ne pas y songer, bien éloigné pour sûr de vouloir méditer ce balancement, on en est sans cesse occupé, on se sent toujours au sommet vacillant d'un pin, on ne peut plus redescendre à terre.
-Conseil au sujet des pins, Henri Michaux
*An English version will follow
Le bruit d’une branche d’arbre qui, dans le tourment du vent, agissait comme un archet frôlant une coursive de métal, a été un déclencheur pour cette installation sonore. À partir de ce dernier, j’ai conçu une sculpture agitée de micro mouvements que des sons, enregistrés au préalable, génèrent en temps réel. Le titre « Quand un arbre tombe, on l'entend ; quand la forêt pousse, pas un bruit » est un proverbe africain qui porte à réfléchir sur les événements les plus bruyants qui ne sont pas les plus importants, et que l’essentiel se construit souvent dans l’indifférence et la durée. Durant l’exposition, les visiteurs sont invités à écouter ces enregistrements sonores, mais aussi à ressentir physiquement les vibrations de la structure métallique de l’installation. Depuis le début de ma pratique artistique, mes créations s’ancrent dans l’expérience de lieux que j’explore. Sur place, je m’imprègne des événements qui surviennent. Cela étant, mon attention s’est portée sur les mouvements répétés et apparemment anodins qui affectent ces lieux, comme ceux des piétons qui, à la longue, marquent le sol, ceux des vents et des courants marins, des glaciers qui se brisent et engendrent la dérive des icebergs ou ceux qui rythment la migration des oies.Ces mouvements réitérés avec des nuances et les transformations de la matière altérée par l’usure, la vibration et les cycles de la nature sont quelques processus dévoilant des éléments qui modifient notre environnement sans qu’on y porte attention. Sur la base de ces processus, que j’observe, je compose des situations évolutives à partir de sons, d’images, de captations de mouvements, d’objets et de matières en configurant des espaces afin qu’en émergent des affects témoignant de notre rapport à ce qui nous entoure.
Caroline Gagné compte à son actif plusieurs résidences, expositions individuelles et collectives en plus de participations à des évènements internationaux. En 2011, son œuvre CARGO, présentée dans le cadre du festival Mois Multi, lui a valu un prix d’excellence des arts et de la culture de la Ville de Québec. Active dans son milieu, elle a complété une maîtrise interdisciplinaire en art à l’Université Laval en 2012, et assure la direction artistique du centre d’artistes Avatar depuis 2013.
Cette œuvre a été réalisée grâce au soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec.
The sound of a tree branch, buffeted by the wind, acting like a bow scraping against a metal walkway, was the inspiration for this sound installation. Based on this, I designed a sculpture agitated by micro-movements that are generated in real time by pre-recorded sounds. The title, “When a tree falls, you hear it; when the forest grows, you hear nothing,” is an African proverb that encourages reflection on how the loudest events are not necessarily the most important, and that what is essential is often built in indifference and over time. During the exhibition, visitors are invited to listen to these sound recordings, but also to physically feel the vibrations of the installation's metal structure. Since the beginning of my artistic practice, my creations have been rooted in the experience of the places I explore. On site, I immerse myself in the events that occur. That being said, my attention has been drawn to the repeated and seemingly insignificant movements that affect these places, such as those of pedestrians who, over time, leave their mark on the ground, those of winds and sea currents, glaciers that break apart and cause icebergs to drift, or those that punctuate the migration of geese. These repeated movements, with their nuances and transformations of matter altered by wear, vibration, and the cycles of nature, are some of the processes that reveal elements that change our environment without us paying attention. Based on these processes, which I observe, I compose evolving situations using sounds, images, recordings of movements, objects, and materials, configuring spaces so that emotions emerge that reflect our relationship with our surroundings.
Caroline Gagné has participated in several residencies, solo and group exhibitions, and international events. In 2011, her work CARGO, presented as part of the Mois Multi festival, earned her an award of excellence in arts and culture from the City of Quebec. Active in her community, she completed an interdisciplinary master's degree in art at Université Laval in 2012 and has been the artistic director of the Avatar artists' center since 2013.
This work was produced with the support of the Conseil des arts et des lettres du Québec.

